Les flûtistes à Versailles à la fin du XVIIème siècle


À la Cour, aux jardins… Les flûtistes à Versailles à la fin du XVIIème siècle.

Concert conté de Gilles de Talhouët, avec la participation de la classe de François Lazarevitch du CRR de Versailles.

Conférence avec intermèdes musicaux – Mardi 30 Juin 2026 à 18 heures – Centre de Musique Baroque de Versailles, Hôtel des Menus-Plaisirs, 22 Avenue de Paris 78000 Versailles

Pièces rares pour flûtes traversières baroques (solos, duos, trios) et luth

Œuvres de Philibert, Lalande, Bacilly, Bousset, Lambert, Lully, la Barre, etc.

Nous proposons un concert-conférence consacré aux liens visibles ou invisibles qui existent entre les musiciens et leurs doubles, les sculptures.

I – Les flûtistes du règne de Louis XIV

Descoteaux père, Descoteaux fils, Philibert, la famille Hotteterre (Louis, Jean, Martin, Nicolas, Colin et Jeannot), Joseph Piesche, Philidor l’Aisné, Philidor le Cadet, Bonnet, Fossard, Du Clos, Toulhon… Nous connaissons ces musiciens !

Car leurs noms étaient imprimés dans les livrets des spectacles de Cavalli, Lalande, Molière, Lully, etc. : ballets, mascarades, divertissements, pastorales, comédies-ballets ou tragédies en musique. Or, ces flûtistes se produisaient le plus souvent sur scène, costumés au gré des productions en zéphyrs, tritons, dieux de fleuves, songes, ombres heureuses, bergers, sylvains, satyres…

II – Les flûtistes des jardins de Versailles

Pan, Syrinx, Mercure, Marsyas, Euterpe, Faune, Satyre, Le Berger Acis, Le Sanguin…

Nous connaissons également ces statues : nous les admirons aujourd’hui dans les bosquets, le long des allées, autour des parterres, des pièces d’eau, etc.

Or, elles furent mentionnées et décrites dans de nombreux documents d’époque : dessins préparatoires, livres de commandes, inventaires, récits de voyages, journaux…

Louis XIV et ses conseillers choisissaient avec soin les sujets, les sculpteurs – Guidi, Tuby, Mazière, Le Hongre, Rayrol, Jouvenet, etc. – et les emplacements dans les jardins.

Pour comprendre le jeu subtil entre personnages réels et figurés, nous évoquerons les Métamorphoses d’Ovide, l’Iconologia de Cesare Rippa (1593), la Grande Commande (1674-1694), les quatre « complexions » de l’homme, le rôle du peintre Charles Lebrun, les Caractères (1691) de Jean de la Bruyère, etc.

Nous présenterons en parallèle l’invention de la « flûte allemande » ainsi que la naissance confidentielle et hésitante d’un nouveau répertoire.

Pour finir, nous tenterons de résoudre deux énigmes :

La flûte du Sanguin est-elle la fameuse « flûte allemande », apparue pour la première fois en 1681 dans Le Triomphe de l’Amour de Lully ? En serait-elle la toute première représentation ?

Pourquoi le personnage du Sanguin (sculpture de Noël Jouvenet, 1681) joue-t-il de la flûte traversière ?


/ Crédit photographique : © Bertrand de Talhouët