Parution du Tome VII des Cahiers du Traverso


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Le Tome VII des Cahiers du Traverso vient d’être mis en ligne, accessible aux membres de l’association. Il s’agit d’une nouvelle d’une trentaine de pages dont le titre est ‘Paysage d’été avec flûte’. Elle met en scène un certain nombre de personnages qui gravitent autour de Jacques Hotteterre, dit ‘le Romain’, lors d’un court séjour qu’il effectue à La Couture, village dont il est originaire. En voici un extrait :

“La rivière est, à hauteur d’Oulins, particulièrement riante et aimable. Bordée de saules, puis de trembles après le petit pont de l’Anglois, elle est de toutes les fêtes, de tous les mariages.

Dans le pré du milieu, certains musiciens viennent parfois spontanément, à la tombée du jour. S’y promener devient alors un enchantement. La musette et le violon y sonnent particulièrement bien.


Tout le monde ici se souvient du soir où Monsieur le Comte regagnant Anet, passant par la Couture, entend à la croisée Sainte Lucine de la musique au loin. Instruit de sa provenance par son cocher, il détourne son chemin puis fait mander sa viole. Il se joint aux joueurs d’instruments, apporte sa voix aux Sonates en trio de Marais, aux Suites de La Barre, découvre et déchiffre des Pièces « pour la flûte traversière et autres instruments avec la basse », dont les premières viennent d’être composées par Hotteterre, le fils. Tous les Couturiots savent qu’ils jouèrent ensemble jusque fort tard, que le front de Monsieur le Comte paraissait parfois brûlant de mille feux, parfois retenant des larmes, puis qu’il partit sans un mot, comme ivre.

Le bruit égal des rives de l’Eure est comme un remède perpétuel à ces transports qui vous débordent parfois. Les remous lents et circulaires qui l’agitent, comme autant d’images de passions qui se défont et se refont, sans fin.

Plus loin, la rivière part dans le domaine des bêtes. Le chemin devient chenu puis, après l’ancienne buiseraie, on ne voit plus que boqueteaux épars. Les vachers d’Oulins y poussent à la Pâques et s’en reviennent à la pleine tombée des feuilles. Alors, il y a toujours une tête dans le troupeau à renâcler au retour à l’étable, à meugler, à vouloir rester malgré le givre, en peine de laisser la rivière.”

Les Cahiers du Traverso Tome VII p. 2

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