Les suites BWV 1007 à 1012, écrites par J.S. Bach pour violoncelle seul viennent de faire l’objet d’un enregistrement au traverso par Lorenzo Brondetta qui, à la suite d’un long et minutieux travail d’arrangement, s’est lancé sur les rudes chemins de leur interprétation.

Le flûtiste l’écrit lui-même : l’auditeur risque d’être déconcerté, car le camaïeu de teintes sombres et la rondeur de l’instrument à corde laissent place ici à une palette sonore bien plus claire et incisive.
Ce n’est pas pour autant que ces œuvres perdent en profondeur. Paradoxalement, la tessiture plus aigüe du traverso semble plutôt attester leur capacité à garder intact leur pouvoir d’expression, quel que soit le registre sur lequel elles se déploient.
On se surprend à penser au shakuhachi contemplatif au détour de telle sarabande, à la main droite véloce du clavecin dans tel prélude, au ciel d’Irlande qui infuse telle gigue. On est alors saisi par cet alliage stupéfiant de contraintes et de liberté, de particularismes et d’universalité mis en évidence dans le message du grand Bach.
Les photos présentant et accompagnant l’album prennent dès lors tout leur sens : c’est d’une traversée qu’il s’agit. Tendue vers ce lieu où auditeur, interprète, spectateur et photographe convergent, pour approcher la beauté du monde.
/ Crédit photographique : © Brondius

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