Ce n’est que dans sa seconde version, écrite en 1746 ou 1747, qu’apparaît le traverso dans la cantate BWV 170 initialement composée par J.S. Bach en 1726. L’instrument entre dans l’aria final pour en souligner le caractère résolument et paradoxalement joyeux, puisque c’est un adieu à la vie qui s’y trouve évoqué.
Dans l’interprétation réalisée en 2013 que donne Rudolf Lutz de cette cantate, le traverso migre dans l’aria central, au caractère totalement opposé (‘…je frémis et ressens mille douleurs…’). La composition d’une grande délicatesse semble l’y inviter car, en l’absence de basse continue, tout se déploie dans le registre médium et aigu. Dialoguant avec les parties d’alto, de cordes, et d’orgue (sans pédalier), le traverso devient dès lors l’une des pièces maîtresses de cette bouleversante déploration.

On ne peut donc que saluer la nouvelle mise en ligne de cet extrait où Andreas Scholl (haute-contre), Anne Freitag (traverso), Nicolas Cumer (orgue), expriment toute la mesure de leur talent…

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